Journal intime

Mon ascenseur émotionnel

3 juillet 2018

Hello les chats ♡

J’espère que vous allez bien, sous cette grosse chaleur que nous connaissons depuis quelques jours maintenant, bien plus étouffante qu’autre chose. D’ailleurs, j’espère que vous prenez vos précautions et que vous vous protégez à la fois du soleil et de la chaleur, notamment en buvant beaucoup d’eau afin de vous hydrater.

Aujourd’hui ça ne sera non pas un article look ou autre mais plutôt un article pour discuter, car j’ai besoin de vous parler d’un sujet qui me pourri la vie depuis plusieurs années, mais surtout depuis plusieurs semaines maintenant en plus intensif.

Il faut savoir qu’il y a quelques années en arrière lorsque j’avais 14 ans, j’ai été marquée par deux événements qui m’ont totalement chamboulés et qui m’ont beaucoup fait souffrir, encore aujourd’hui d’ailleurs à cause des séquelles qu’elles m’ont infligées : la perte de deux êtres en 6 mois d’intervalle.

Depuis ces deux événements, ma vie a totalement changé et pas seulement… mon comportement aussi en a pris un sérieux coup. Je m’explique.

Depuis plusieurs années maintenant suite à ça, je vis sans cesse dans la peur de perdre les gens que j’aime. Non seulement de les perdre suite à des disputes mais pire encore et c’est ce qui me pourri principalement la vie : les perdre définitivement : la mort.

Un sujet auquel j’ai toujours été très sensible et pire encore depuis que j’ai du devoir apprendre à vivre avec le deuil, de devoir me résoudre à vivre sans ses personnes. Alors je sais que c’est une situation que tout le monde vit et qu’on est sujet à passer par cette étape tôt ou tard… Il y a des gens qui s’en remettent et d’autres pas, chez lesquels les cicatrices se referment et chez d’autre à moitié. Et je n’ai pas honte de dire que chez moi, les cicatrises ne se sont toujours pas refermées. Mais disons que je suis consciente que c’est dû aussi à la violence des faits et comment la mort est intervenue chez les deux personnes que j’ai perdu. Je n’ai pas envie de m’éterniser sur le sujet parce-que ça me fait mal, mais je pense que vous n’êtes pas dupes et vous voyez où je veux en venir.

Mais aujourd’hui il s’avère que ses cicatrices me pourrissent définitivement la vie car je ne passe presque pas un jour sans penser au pire. Je m’explique.

Lorsque je suis en famille par exemple, tout va bien se passer et je vais être super heureuse. Je vais profiter pleinement du moment présent et lorsque je vais rentrer chez moi, ça va être le coup de massue. Notamment quand je me retrouve seule à ce moment là. Le sentiment de perdre fait surface, sans vous parler des états seconds que ça me provoque : gorge noué jusqu’à m’en faire vraiment mal, nausées, céphalées, bouffées de chaleur, crises d’angoisse, et c’est à ce moment là que je pense au pire… et mentalement, ça ne va plus du tout. Parce-que c’est un état dans lequel je peux rester de nombreuses heures et autant vous dire que mon corps en souffre aussi énormément. Sans vous épargner mon envie de pleurer. Parfois ça sort tout seul et parfois pas. Un besoin d’extérioriser qui ne vient pas toujours, c’est ingérable.

Alors suite à ça, je suis sans cesse dans le contrôle. Je m’efforce de donner le meilleur de moi-même et d’être le plus présente possible pour ceux que j’aime, de leur faire plaisir, mais malheureusement la satisfaction n’est jamais là. J’ai sans cesse le sentiment inverse, ce sentiment d’incapacité, comme si une petite voie intérieure me disait : t’aurais pu faire plus quand même, oh puis et tu aurais pu faire ça aussi. Je suis épuisée. Parce-que j’ai sans cesse l’impression de n’être à la hauteur de rien et pourtant, je sais très bien au fond de mon coeur que les gens que j’aime sont conscients de ce que je leur donne et surtout de mon amour pour eux. Sans compter cette sur-protection que je ne peux m’empêcher de leur donner et qui je sais, peut être énormément intrusive, étouffante. Mais je n’ai tellement plus envie de me dire : j’avais prévu de faire ça et je ne l’ai pas fait alors que ça aurait pu lui faire plaisir.

Je suis consciente que je ne suis pas une héroïne, que je ne pourrais pas changer le déroulement des choses, et je pense que dans le fond ça aussi ça me fait souffrir : « si j’avais su et si j’aurai été là, les choses ne se seraient pas passées comme ça ». Cette phrase que je me suis beaucoup trop souvent répétée et qui m’a rendu psychologiquement dingue. Et puis à force qu’on me dise que ça n’aurait rien changé et que si j’avais été là justement, à moi aussi il aurait pu m’arriver le pire, j’ai commencé à prendre conscience que parfois, le destin ne se change pas, avec ou sans moi. Et pourtant… ce sentiment de culpabilité ne m’a jamais quitté une seule seconde.

Je pense que lorsqu’on a été marqué par des pertes beaucoup trop violentes, quelque part nous sommes forcés de vivre avec cette cicatrice pour toujours et quelque part, notre comportement, notre vision des choses eux aussi sont modifiés à tout jamais. Pas mal de personnes ne m’ont jamais compris et je me suis pris pas mal de réflexions, qui m’ont fait beaucoup de peine. Mais encore une fois, personne n’a réellement essayer de comprendre le pour quoi du comment. Encore une fois, je suis obligée de subir mes propres démons et de garder tout ce mal en moi. Je suis consciente que si les personnes  qui m’entourent m’aidaient à vivre avec ça et à comprendre, peut-être que ça irait un peu mieux. Mais je ne peux forcer personne. Et puis je pense honnêtement que ne changerait pas grand chose : certaines personnes savent et ne sont pas plus présentes pour autant depuis. Alors je préfère tout garder en moi.

Aujourd’hui et en toute honnêteté, je ne sais plus quoi faire contre ça malgré les deux choix qui peuvent se présenter à moi : reprendre mon traitement (qui me permet également de canaliser mes émotions, qui jouent sur mon humeur) ou alors d’aller consulter un psychologue.

C’est un peu le principe de la balance en pesant le pour et le contre. J’ai pris la décision d’arrêter mon traitement avec contre avis médical (et j’en suis pas forcément fière mais d’un autre côté, je n’avais pas envie de dépendre des médicaments encore des mois, même si je sais très bien qu’on aurait pu trouver une solution car ma psychiatre est géniale). Et puis à côté de ça : la psychologue pourra-t-elle vraiment me comprendre ? Pourra-t-elle vraiment m’aider en me laisser parler pendant une heure sans me donner de réels avis concrets qui permettront de m’en sortir ? Je ne pense pas. Je ne sais pas.

Alors oui je sais très bien que c’est un problème que je dois régler au plus vite car je n’ai pas envie de replonger, et je sais que de ce côté là c’est imprévisible (je parle en terme de vécu). Je suis consciente que le vase est à nouveau rempli et qu’il suffirait d’encore quelques gouttes pour que ça explose. Et j’ai plus envie de revivre ça. Même si je sais inconsciemment que j’ai encore des symptômes mais en moins prononcés parce-que depuis quelques mois j’apprends à vivre avec et à me contrôler. Je n’ai plus envie à nouveau de perdre le contrôle de ma vie, de mes émotions, de mes sentiments. Je n’ai plus envie que tout m’échappe à nouveau et de me retrouver le cul au fond du lit comme j’ai pu l’être.

Je fais confiance tout de même au destin et je me dis que si je passe par toutes ses émotions, par toute cette peur qui me violente, c’est peut-être pour une bonne raison… du moins j’essaie de m’en persuader pour rester encore un peu plus longtemps la tête hors de l’eau.

J’espère que cette longue confidence ne vous aura pas trop barbée. Je sais que je me suis pas mal emmêlée les pinceaux en passant du coq à l’âne parfois, mais c’est comme ça que ça ce passe dans ma tête et je ne peux contrôler ça…

Si vous avez des sages conseils à me donner, je suis preneuse.

Avec toute ma tendresse,

A bientôt ♡

 

  1. Chère Laetitia,
    Ton article est très touchant. Il est important de se confier, parler, exterioser les choses car tout garder pour soi c’est mauvais. Je ne suis pas pour les médicaments car tu as raison, ils créent une dépendance.

    Suis ton instinct, en tout cas reçois mes sincères pensées et encouragements.
    Avec bienveillance

  2. J’imagine l’horeur que tu dois vivre ! Je pense très souvent à la mort moi aussi ! Parfois quand je conduis j’imagine un accident et la réaction de mes proches si cela m’arrivais ou l’inverse ! J’imagine ça très souvent je ne sais pas pourquoi ! Je crois que j’ai très peur de la mort !
    Et même la perte en amour est très difficile ( la rupture je veux dire ) pour certains c’est très facile de s’en remettre et pour d’autres c’est enormement de remise en question de pleurs et de se demander si on aimera à nouveau un jour.

    Je ne suis pas pour les médicaments non plus je pense par contre qu’il est important de parler aux plus proche qui comprennent !

    Courage ma belle

    1. C’est ingérable en effet et ça me pourri la vie…

      Ha oui en effet… moi par contre à l’inverse de toi je n’ai pas peur de ma mort…

      Après oui tu as raison les ruptures laissent aussi des séquelles et j’en sais quelque chose… à force d’avoir trop souffert, aujourd’hui je suis dans l’incapacité totale de me retrouver quelqu’un… c’est horrible ça aussi de se rendre compte qu’il y a une grosse part de blocage émotionnel…

      En tout cas merci ♡

  3. Bonjour Laetitia, cela doit être vraiment difficile pour toi et je trouve ça courageux que tu aies écrit un article là dessus ! j’espère que tu arriveras à t’en sortir, parles en avec quelqu’un ça ne pourra que te faire du bien !
    A bientôt,
    Pauline
    comeonfuture.blogspot.com

    1. Hello ma belle,

      En effet c’est très difficile… mais je tente de trouver des solutions. Je commence à me remettre à la lecture sur le développement personnel suite aux conseils d’une amie. Je vise une étape supérieure mais pour l’instant je vois où ça peut me mener…

      En tout cas merci,

      A très vite ♡

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